La transition

le sevrage

Vivre à velo, vivre sans voiture
L’automne dernier, ma famille (ma femme, moi, et nos deux enfants) a finalement abandonné la voiture au profit du vélo. Depuis nous vivons une vie libératrice pour nous, et effrayante pour nos amis !

Comme tout le monde, nous avons été dépendants de notre automobile pendant tant d’années que l’idée de l’abandonner était impensable. Si vous possédez une voiture, c’est probablement impensable pour vous aussi. Nous nous en servions pour faire les allers-retours au travail ou à l’école, pour se rendre aux évènements de famille (qui étaient nombreux), pour faire nos achats au supermarché et aux magasins, pour se changer les idées au restaurant, au cinéma, à la médiathèque et au parc... Nous nous en servions pour tout !

Mais ça… C'était avant !

Durant une période d'un an, nous nous sommes lentement sevrés de la voiture. Cela c'est fait par étape, petit à petit, lentement, mais surement.

Quelques années plus tôt, nous avions vendu notre deuxième voiture, ma femme décidant de travailler à domicile, nous avons appris à fonctionner avec une seule. Ce qui était super puisque notre premier fils avait sa maman à la maison tout le temps ─ une chance que la plupart des enfants n’ont pas. Dans la foulée, j’ai été capable de quitter mon travail pour en trouver un plus près de chez-moi. Je faisais 2 heures de route par jour (1h aller, 1h retour) ce qui était une aberration économique et écologique. J'ai réussi à réduire cette durée de moitié, ce n'était pas parfait, mais c'était déjà ça…

Puis j'ai été débauché par une entreprise de renom, qui m'a proposé un poste qui me convenait parfaitement, avec un salaire plus que convenable, dans le Parc Naturel du Morvan et au pied de la colline de Vézelay, LE REVE !

 

Sauf que comme tout les rêves, il a une fin… Un mois et demi seulement après mon embauche, la liquidation judiciaire fut prononcée à ma grande surprise. Nous étions alors seul, sans famille à proximité pour nous aider, sans amis et avec une voiture qui se révéla être une arnaque, car plus proche des 300 000km que des 30 000 ! Cela n'était pas la première fois que nous rencontrions des problèmes avec nos autos. Une boite de vitesses et « hop » direction la casse, un accident à un carrefour et « boum » l'assurance préfère rembourser que réparer, une panne sur l'autoroute et « dring » le coup de fil à la dépanneuse,…

Nous étions lassés de ce « Auto-Bobo-Euro » qui compromettait sans cesse nos projets et était la source de nombreuses préoccupation. Mon dernier boulot était l'occasion de tout changer ! 8 mois après ma perte d'emploi, j'ai retrouvé un travail dans l'agglo de Montargis (ou nous vivions avant). Durant les huit mois qui se sont écoulés auparavant nous avons appris à n'utiliser la voiture que lorsque nous n'avions pas d'autres choix. Pour des raisons écologiques et surtout économiques… Ayant découvert qu'elle était en fin de vie, nous croisions les doigts pour ne pas avoir à faire de réparations coûteuses. Nous avons ainsi réduit considérablement nos trajets en voiture au profit du vélo et de la marche.

Le déménagement, fut l'occasion pour nous de passer le cap et de vendre notre voiture. Nous avons dû le faire dans la précipitation puisqu'elle nous a lâcher le jour du déménagement (
elle nous aura fait chier jusqu'au bout celle-là !), mais l'idée était là.

Vivre à vélo...

Je viens de vous parler de notre situation personnelle, mais vivre à vélo ne peut pas se faire de la même manière pour tout le monde. Bien sûr, cela suppose un certain nombre de conditions, comme le lieu de résidence, qui doit être proche des commodités et bien desservi en transports en commun. Mais pas seulement, voici succinctement ce que nous vous conseillons pour franchir le pas :

 

 

  • Il faut (très) bien choisir où on habite ! En priorité près des lieux qui concernent les enfants (école, crèche ou nounou, parc, médecin). Et si possible pas loin du lieu de travail, ou avec de bons transports en commun. Pensez à déménager le cas échéant… À nuls sacrifices, nulles victoires !

  • Si vous n'avez pas de vélo "potable", il faut investir dans une monture correcte pour commencer. N'hésiter pas à garder la selle de votre ancien biclou, si elle est adapté à votre fessier ou l'inverse !

  • Pouvoir alterner les trajets quotidiens par des itinéraires bis pour lier l'utile à l'agréable, éviter la routine et apprécier l'usage du vélo.

  • Si vous avez la chance d'être réveillés à 6h les week-ends, nous vous conseillons d'investir dans une "remorque enfant" qui assure un maximum de confort par tout temps, pour les enfants, dés l'âge de quelques mois voir dés la naissance si vous pouvez y attacher le fameux « cosy ».

  • Ne pas garder la voiture ! Dés le début, il faut se mettre en condition réelle. Soit vous vendez « titine » soit-vous la louer ou la prêter à quelqu'un. Se séparer d'elle vous empêchera de vous dire « Et si je prenais la voiture ? ». Pas besoin de se poser la question, elle n'est plus là ! De plus, la vente de cette dernière vous permettra de financer le vélo ou les vélos + la remorque dont vous avez besoin, un gros bonus en prime. Vous pourrez dire au garagiste qu'il peut se foutre sa vidange au c...l et à votre assureur qu'il peut se prélever ce que je pense ailleurs ! Ah, les petits plaisirs de la vie...

  • Renseigner vous sur les possibilités de location autour de chez vous pour les fois où vous devez vraiment utiliser une voiture (Mariage à ''Bouzioux les Trois Galoches'', festival incontournable de la gallinette cendrée, …) Comparer d'avance pour ne pas avoir à courir le jour où vous en aurez besoin.

  • Nous faisons nos courses en vélo au jour le jour puisque nous en avons la possibilité. Si vous devez faire vos courses une fois par semaine ou moins, pensez à utiliser la carriole des enfants ou à investir dans des sacoches. Une carriole sans enfants à la même capacité volumique qu'un coffre de petite citadine. On peut y placer aisément les courses pour une famille de 2 adultes + 2 enfants (avec briques de lait et paquets de couches volumineux). Les moyennes surfaces ont souvent des arceaux à vélo installés tout près de l'entrée pour attacher le vélo et la carriole (il faudrait d'ailleurs leur dire d'installer des abris avec...). C'est tout aussi pratique qu'en voiture, mais plus rapide. Sans compter que cette fois-ci, c'est vous qui à tous les coups êtes garés le plus proche de l'entrée !

  • Ne jouez pas les super-héros et préférés les transports en commun les jours de pluie ! J'ai dit que j'aimais sentir la pluie sur mon visage, certes, mais pas que j'adorais sentir des gouttes d'eau coulais le long de ma raie... J'espère que vous avez saisi la nuance ? (Non ? Un dessin ?)

"L’homme civilisé a construit des voitures, mais il a perdu l’usage de ses pieds."

 

Ralph Waldo Emerson

Confucius, vélo

Vivre sans voitures !

Vivre en velo, vivre sans voiture

Nous avons vendu notre monospace (Youhou !), enfin ce qu'il en rester... Et nous n'avons pas acheté de véhicule pour le remplacer. Nous avons quelques fois louées ou empruntées une voiture, et bon sang, cela m’a vraiment rappelé la chance que nous avons de ne plus en avoir. C’est tellement chiant de conduire, de trouver une place et se garer (sur une piste cyclable) , de prendre une contravention pour s’être mal garé (genre, ça ne vous est pas arrivé ?), de récupérer votre voiture rayée (genre, ce n'était jamais vous ?), de payer les péages et les parkings, de rester coincé dans les embouteillages… Et ainsi de suite.

Nous prenons le vélo et le bus et de temps en temps, nous marchons. Nous avons délibérément choisi un quartier que nous connaissons, car il n'est qu’à 300m de l’arrêt de bus et donc que nous pouvons facilement aller partout en ville. Le centre-ville de l'Agllo est à 4km et le bourg du village à 600m. On y trouve une petite épicerie, une médiathèque, l'école maternelle et primaire, le marché, une boulangerie,… Tout ce qu'il faut pour vivre décemment.

Depuis que nous sommes passés aux 100 % vélo, nous sommes en meilleure santé que jamais. Pédaler est incroyable. Cela ne coûte rien, et pourtant, vous profitez du grand air, vous voyez et rencontrez des gens que vous n’auriez jamais vus ou rencontrez avec votre voiture, vitre fermée en ville ou sur l'autoroute. Faire du vélo vous met en forme, adieu l'exercice en salle de musculation ou à la maison après le travail. Votre trajet Domicile-Travail devient votre exercice quotidien.

Ainsi, nous avons beaucoup moins dépensé en transports. Vous le savez, les voitures sont extrêmement chères. Pas seulement pour le prix des voitures elles-mêmes, mais pour l’essence, les vidanges, l’assurance, la carte grise, les frais de parking, les contraventions, les inévitables réparations, le prix de la place de parking, le nettoyage de la voiture, et les frais de santé qu'elles occasionnent avec leur pollution. Pour résumer : «
Besoin d'une voiture pour aller travailler. Travailler pour payer la voiture que je viens de m'acheter. », Orelsan.

Je dois en passant faire mille mercis à ma femme, Hyacinthe, elle a été si géniale pendant ces premiers pas de vie sans voiture. Beaucoup d’épouses se plaindraient ─ Hyacinthe a accepté et apprécié ce défi, encore aujourd'hui.

Notre vie à vélo

la ré-adaptation

Vivre à velo, vivre sans voiture

Les gens pensent à abandonner leur voiture, et immédiatement, ils pensent aux raisons pour lesquelles ils ne le pourraient pas. J’ai fini par réaliser que ce sont ces mêmes raisons qui m'empêchent de retourner à ma vie d'automobiliste.
 

  • Le gain de temps : oui, parfois cela prend plus de temps d’aller quelque part ─ peut-être 20 minutes au lieu de 10 ou 15, ou 45 minutes au lieu de 25 ou 30. Mais ce n’est pas grave, parce que les voitures (bien que plus rapides et plus polluantes) sont aussi plus stressantes. En vélo, on se déplace plus lentement, ce qui est moins stressant. Nous sommes plus ouverts aux rencontres, car nous ne sommes pas enfermer dans une boite de conserve. Nous ne perdons pas de temps à chercher une place, mettre de l'essence, éviter les bouchons... J’aime la vie plus lente, car elle est, et me rend, plus riche. Donc si le temps, c'est de l'argent, comme je suis plus riche, j'ai plus de temps !

 

  • Les aléas du climat : parfois le temps n’est pas superbe ─ mais à dire vrai, j’aime bien être mouillé par la pluie. Nous avons tellement l’habitude de passer du temps dans nos boîtes de métal et de verre que nous oublions à quel point la pluie est merveilleuse et vous fait sentir vivant. Et quand le climat est bon, les voitures vous en isolent. Vous ne sentez pas le soleil sur votre dos, le vent sur votre visage, les odeurs fraîches de certaines plantes qui titillent vos narines, vous ne pouvez pas voir les écureuils s’échapper sur votre passage ou encore les canards se moquer de vous avec leurs "coin-coin".

 

  • Le coté pratique : On ne va pas se mentir, les bus ne sont pas toujours commodes. Parfois, ils sont en retard et vous attendez, vous êtes alors en retard vous aussi. Mais pensez au manque de praticité des voitures que nous oublions souvent : trouver une place et choper un torticolis pour faire un créneau, être coincé dans les bouchons et respirer à plein nez la pollution, être coupé des autres gens et du monde qui vous entoure, payé des péages et des parkings pour alléger son compte en banque, tomber en panne et ne pas savoir que faire à part se gratter la tête, s’arrêter pour prendre de l’essence qui rime avec dépendance, faire le virement pour l’assurance afin de ne plus laisser un kopeck pour le PEL, laver la voiture pour briller en société, éviter les dangers et les accidents de voiture pour ne pas utiliser l'assurance que vous venez de payer, limiter les effets néfastes sur la santé de vos enfants en utilisant le système « start and stop » histoire de se racheter une conscience, se tromper de route et faire demi-tour en faisant chier son monde, et la liste n’est pas exhaustive...
    Quand vous voyez les choses sous cet angle, en faisant attention à tous les inconvénients des différentes sortes de transports, les voitures n’arrivent pas nécessairement en tête en termes de pratique et de facilité.

 

  • Faire ses courses : Nous pourrions faire nos courses à l’épicerie du bourg, mais il faudrait que je demande une sacrée rallonge à mon patron puisque comme toute les petites épiceries elle est horriblement chère ! Nous faisons nos courses à 6km à vélo de chez nous dans une Zone Commerciale. Pas parce que nous achetons dans un temple de la consommation, mais parce que c'est là que se trouve le seul (vrai) magasin bio de l'agglo. Nous ne pouvons pas emporter autant qu’avec une voiture, donc nous y allons plus souvent. Cela n'est pas un inconvénient, car c'est sur la route de mon trajet domicile-travail. Il a juste fallu que ma femme s'habitue à me laisser les faire, et que de mon côté, je m'habitue aussi à me faire une petite liste en partant le matin. Nous ne mangeons BIO que depuis que nous vivons à vélo, ce mode de vie nous ayant permis de faire des économies sur le budget transport. Économies que nous avons reporté sur le budget alimentation. Pour être totalement transparent avec vous, je suis payé à peine plus que le SMIC donc mangé bio, c'est possible, il suffit de vivre à vélo. De plus, faire ses courses en vélo (dans un magasin bio ou ailleurs) c'est réduire sa consommation. On achète moins de superflus, car on sait qu'il faudra le ramener à la force des mollets après. Encore des économies en perspectives…

 

  • Pouvoir se déplacer : Il est facile de monter en voiture et se laisser transporter, alors que pédaler ou prendre un transport en commun peut prendre du temps et nécessité de l’organisation. Donc oui, vous êtes un peu plus limité. Je ne vois pas cela comme un inconvénient, une fois que vous l’acceptez ─ cela signifie que vous en ferez moins, ce qui est plus simple et moins stressant. Cela signifie que vous n’allez dans des endroits qui sont loin que si c’est important. Cela signifie que vous explorez des moyens de vous amuser plus proche de chez vous, vous cherchez à consommer local, tant pour votre alimentation que pour vos loisirs, que pour le côté pratique. Les voitures nous encouragent à voyager plus, ce qui pollue plus, nous pousse à être plus occupé, prend plus de temps et d’argent et impact l'environnement. Ralentir et voyager moins (ou moins vite) est meilleur pour nous, notre santé, notre environnement. Personnellement, j'ai découvert le voyage à vélo il y a trois ans et plus jamais je ne voyagerais ou me déplacerais autrement...

Vélorution

l'âge de raison

Vivre à velo, vivre sans voiture

Comment se soigner de son Auto-addict ?

1 tour de vélo : matin, midi et soir pendant 7 jours

Vivre à velo, vivre sans voiture
Vivre à velo, vivre sans voiture

"Je ne suis pas Auto-addict, c'est juste que je ne peux pas m'en passer" 

Ou l'art de vivre dans le déni ...

Alors oui, certains diront (où penserons) que : « Tout ça s’est bien pour des Parisiens ou des personnes vivants dans des villes d’une certaine taille. Mais ce mec n'est pas au courant, qu'on est des millions à vivre loin de tout. Sans transport en commun, avec très peu de commerce de proximité. Et par ici, je voudrais bien le voir remonter les cotes avec un gamin dans une remorque ou une semaine de course »

Rassurez-vous ! Je ne tiens pas à tenir un discours de citadin pour les citadins…

Effectivement, je n’étais pas au courant que les gens que j’ai croisées à la campagne habitaient ces lieux ? Je suis surpris.

 

Blague à part, j’ai habité à la campagne 1 an, lorsque nous avons appris à nous passer gentillement de la voiture. Nous habitions alors la charmante ville d'Avallon, joliment perché sur son promontoire granitique au-dessus du cousin (la rivière pas le mien !). Autant vous dire qu'a part dans la vallée, rare était les occasions de rouler sur du plat… Pourtant, nous faisions nos courses en vélo (ou à pieds), allions au parc en vélo (ou à pieds), nous promenions en vélo (ou à pieds), … Nous avons quitté cet endroit uniquement pour des raisons professionnel et familial, sinon nous y serions resté volontiers, pour le cadre de vie et malgré les côtes.

À mon tour de vous révéler un scoop : en ville, il existe également des côtes ! Et il n’y a pas de machines magiques réservées aux citadins qui poussent les remorques en haut de ces côtes, même si certaines voient le jour dans les pays scandinave. Personnellement, j'ai chaque jour à franchir une longue et douce côte à l'aller, et une courte mais raide (
pas d'allusion étrange s'il vous plaît !) au retour.

Vous pensez que cela est impossible dans le village ou vous vous trouvez ? C'est certainement que personne n’habitait le village avant l’apparition de l’automobile, je suppose...

Bon ok, je me fais l'avocat du diable, mais à cœur vaillant rien d'impossible ! Si vraiment vous avez la volonté de vivre à vélo, mais que votre environnement vous en empêche, changez d'environnement…

"Tu va me faire croire qu'en vélo, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ?"

Bien sûr que non ! Je t'ai présenté mes bisounours ?

Il y a des avantages économiques et écologiques à vivre à vélo, mais soyons honnête, y a quelques inconvénients à ne pas posséder de voiture, quand même, il faut l’avouer :
 

  • Accepter de passer pour un fou :
    Oui, un fou, ni plus ni moins. Certains pensent que nous ne sommes pas comme eux (et ils ont raison !) puisque nous ne sommes pas conventionnels et que nous créons du désordre dans la circulation avec nos pistes cyclables et autres aménagements du genre. On m'a même dit une fois : « Les cyclistes sont dangereux, on ne les entend pas venir. » (et celle-là, tu l'as vu venir ?). C'est sûr qu'avec 150 chevaux sous le capot et un âne au volant, on se sent tout de suite plus en sécurité... Au moins, moi, je passe pour un fou inoffensif. « Qu'est-ce que tu dis ? Du vélo par ce temps / sans casque / avec ton fils ? Mais tu es cinglé » … Je crains qu'un jour un de mes amis, voir un membre de ma famille ne me dénonce à la police, car à ses yeux, je me serais trop radicalisé !

 

 

  • Devenir Snob :
    Faire du vélo vous permet de faire partie de l'élite ! Il ne vous reste plus qu'à haïr les autos et les automobilistes qu'ils transportent et que vous prendrez à votre tour pour des fous. Vous vous moquerez alors aisément de ces gens qui font 2 km en voiture pour aller au club de gym et se rendent en sortant chez l'ami Ronald MacDonald parcequ'ils ont un petit creux après tant d'effort. Prenez plaisir à critiquer ces gens qui ne cessent de polluer la ville et qui ne font donc pas partie de votre classe sociale. Vous apprendrez à avoir un dégoût profond du lobby automobile et cela ne fera qu’empirer au fil du temps. Vous finirez peut-être même par les mépriser irrémédiablement, preuve que vous avez atteint le point de non-retour ! Plus sérieusement, faire du vélo pour vivre ma vie me paraît si simple, que je ne comprends pas (plus) pourquoi certains auraient encore envie de prendre leur auto plutôt que leur vélo.

 

  • Adieu la vie de rêves sur une île déserte entourée de plages de sables blancs :
    Je vous l'ai dit plus haut, pour vivre convenablement à vélo, il faut choisir son environnement et ne pas hésiter à déménager si nécessaire. Il faut donc se contraindre à une zone limitée quand on choisit son logement et son emploi. Les commerces, la distance qui me sépare de l'école, l'accessibilité aux transports en commun, le cadre de vie,… Vivre sur une île paradisiaque n'est donc pas envisageables. De toute façon, l'idée de me faire livrer mes courses par avion et de laisser mon fils partir en jet-ski à l'école me laissait dubitatifs. Je me dis également que je ferais bien trop vite le tour de mon île en vélo, et que j'ai peu de chance de trouver une côte sur mon chemin, ce serait d'un ennui mortel ! Alors que dans mon petit HLM, j'ai une vie palpitante ! :-)

     

 

  • Fini la vie bordélique, vous êtes ORGANISER !
    Les vacances et voyages nécessitent une certaine organisation, la vie quotidienne aussi. Est-ce que je peux y aller en train ? Est-ce que je dois louer une voiture ? Combien de temps pour aller voir Mamie ? Le bus peut-il me sauver s'il pleut ? Est-ce que j'ai encore de la monnaie pour le prendre ?
    Après quelques jours, voir semaine d'anarchie, vous serez organisé et à l'aise dans votre gestion du temps et des imprévus. Vous apprendrez à afficher en évidence les horaires de bus et à en mettre un exemplaire dans chaque sac (celui de madame, celui de monsieur, celui de bébé, …) ; vous penserez à vérifier avant de partir que votre pneu est bien gonfler pour éviter les imprévus sur le trajet, vous attacherez de plus en plus vite et de mieux en mieux, cet antivol monter sur ressort qui vous revient dans la gueule un peu trop souvent quand vous l'enlevez...

 

  • Vous faites chier le monde, tout en vous faisant des amis :
    Soyons clair, nous ne louons pas une voiture dès qu'il faut se rendre chez le médecin à l'autre bout de la ville, car le dernier à une conjonctivite et que l'on n'as pas trouver de bon médecin plus près de chez nous... On demande, gentillement et avec le sourire à une âme charitable comme belle-maman de bien vouloir nous emmener. La famille comme les amis étant vraiment sympas, ils ne disent rien, mais je ne peux m'empêcher de penser que parfois, on abuse. Du coup, pour que ce soit donnant-donnant, il nous arrive de payer une partie des courses ou d'inviter à l'apéro la ou les personnes qui nous rendent service.
    Un mec vous voit dans la rue en train de galérer à changer votre chambre à air et viens vous aidez. Vous l'inviter pour le remercier et « hop » vous vous faites un ami ! Vous seriez en voiture, peu de chance qu'on se propose de vous changer votre roue avec le sourire… (
    bon ok, je ne suis pas blonde à forte poitrine, je sais ...)

 

  • Vous possédez des sièges bébés qui valent une fortune :
    Vous n'avez plus de voitures, mais vous conserver des sièges autos pour vos enfants, car vous en avez besoin lorsque vous louez une voiture, covoiturer, ou monter dans celle de grand-maman. Du coup, vos sièges bébés sont rarement souillés par de la bave de bébé ou un pipi bien aromatisé. Ils dorment tranquillement sous une bâche dans le garage jusqu'au jour où vous pourrez les revendre, comme neuf !

 

  • Vous faites peur aux gens donc ils prennent soin de vous :
    Je m'en suis rendu compte quand on m'a fait le reproche d'arriver trop tôt au travail : «
    Mais tu ne peux pas venir aussi tôt, s'il se passe quelques choses, on n'est pas couvert au niveau des assurances. Ils regarderont à quelle heure tu étais censé commencé et ils verront que tu n'es pas censé être là ! En plus, tu viens en vélo, il pourrait t'arriver plein de choses sur le trajet, le jour où il t'arrivera quelques choses ce ne sera pas considéré comme étant ton trajet domicile-travail...». Certes, il m'arrive de passer dans des zones ou le trafic peut être intense, mais c'est justement là où j'ai le moins de chance d'avoir un accident puisque les voitures sont à l'arrêt ! De plus, un choc frontal à 10km/h entre vélo est bien moins risquer qu'un choc frontal à 90km/h entre voiture. Ce que je risque le plus en faisant du vélo, c'est d'avoir des crampes et de me froisser un muscle, rien d'exceptionnel ! N'étant pas rassuré, les gens qui m'entourent lorsque je les vois me demande si tous se passent bien, si j'ai besoin d'un coup de main, si je ne peux pas m'arrêter chez eux boire un café pour me réchauffer... Ils ont peur pour moi, ils prennent soin de moi !

 

  • Adieu le garage, vive le bricolage :
    Réparer sa voiture, ce n'est pas donné à tout le monde. Cela peut être dangereux de vouloir le faire soi-même, et du coup, il faut confier ça à des pros qui en échange acceptent votre carte bleue. En vélo tout est plus simple. La majeure partie des réparations peuvent se faire à la maison. Il existe de nombreux sites comme  "Depann'velo" pour vous aider et si vous n'êtes pas bricoleur, un vélociste (garagiste pour vélo pour les moins initiés d'entre nous ;-) ) pourra aisément faire les réparations nécessaires sans que vous n'ayez à appeler votre banquier ou que vous ne vendiez un rein.

 

  • Devoir gérer son pognon, problème de riche ...
    Je vous le dis tout de suite, vivre à vélo vous fera faire des économies. Mais pas au point de ce dire : «
    Tiens, la paye est arrivée. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir en faire ? ». Nous vous l'avons dit plus haut, nous avons fait « des économies sur le budget transport […] que nous avons reporté sur le budget alimentation ». On ne roule pas sur l'or, mais malgré tout, nous arrivons à consommer bio, à rembourser le crédit de la voiture que nous n'avons plus (et qui va enfin toucher à sa fin !), à payer nos factures, et même à cotiser sur un PEL pour pouvoir s'offrir notre propre chez nous dans quelques années. Quand nous avions notre voiture, nous n'arrivions qu'a payer les factures, reportions les mensualités du crédit, mangions du hard discount, et n'arrivions pas à alimenter notre PEL. Il a donc fallu apprendre à dispatché l'argent économisé grâce au vélo sur d'autres postes, pour mieux-vivre au quotidien et penser à l'avenir. Cela est d'autant plus vrai depuis que je gagne 54€/mois pour me rendre au travail à vélo !

Vivre à velo, vivre sans voiture
Vivre à velo, vivre sans voiture

Vivre à vélo...

Le bilan !

En ce qui me concerne, les inconvénients ne pèsent pas lourd. Ils ont même de bons côtés quelquefois. Mon seul problème aujourd'hui, c'est que je fais tout ce que je peux pour prendre mon vélo, plutôt que les transports en commun ou pire UNE VOITURE ! J'étais déjà sensible à la cause environnementale, changer les choses via le vélo m'as ouvert les yeux sur la facilité à réduire notre impact, à changer le monde, à mon niveau.


Depuis que notre famille est passée aux 100 % vélo, elle se sent plus libre. Libre dans ses mouvements, libre dans ses finances, libre dans ses déplacements, libre dans sa façon de voir et de concevoir le monde. Vivre à vélo ouvre sur le monde, sur les gens, sur le bonheur, la joie et la simplicité du quotidien. Vous vous dites que nous avons de la chance ? Ce n'est pas le cas, nous avons juste fait un choix !